Aminata Cheick Dicko à l’ONU : Une déclaration qui fâche Bamako

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Invitée par le Conseil de sécurité de l’ONU lors de sa dernière réunion sur la situation au Mali, Aminata Cheick Dicko a suscité, par sa sortie, de multiples réactions au Mali. Après le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui a douté de sa crédibilité, le Conseil national de la société civile du Mali s’est également désolidarisé de cette Malienne qui a accusé les militaires russes de « violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU a encore surpris le gouvernement malien. Il a invité, à son insu, une actrice de la société civile malienne pour se prononcer sur la situation qui prévaut au Mali. Cette fois-ci, cette invitée surprise ne s’appelle pas Sadya Touré, mais Aminata Cheick Dicko.

Dans son intervention, cette dame a indiqué que la présence « des partenaires militaires russes au côté de l’armée malienne est loin de faciliter les choses ». Elle va loin en accusant ces militaires d’être « impliqués dans la commission des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

Grave, est cette accusation ! Laquelle a d’ailleurs suscité des réactions vives à Bamako, compte tenu sa teneur très contestée. « Au cours de ces opérations visant à s’attaquer aux sources de financement du terrorisme, ces acteurs sont prêts à  attaquer systématiquement aux biens des populations civiles, aux objets de valeurs, dépossèdent les communautés de leur bétail qui constitue un patrimoine culturel ayant une valeur économique considérable » a déclaré Aminata Cheick Dicko qui a invité les autorités maliennes à se désolidariser « de ces actes qui pourraient constituer des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, à prendre des mesures préventives afin de décourager les auteurs qui qu’ils soient ».

Diop dénonce une instrumentalisation de la société civile

Aminata Cheick Dicko a été invitée par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’insu du gouvernement malien. C’est du moins ce qu’a déclaré le ministre Diop. « C’est avec une grande surprise que ma délégation a découvert la présence d’une déléguée malienne à cette réunion. Nous n’en avons pas été informés », laisse entendre le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Ce qui est plus grave, le ministre dit ne pas connaitre l’organisation que représente Aminata Cheick Dicko. « Nous ne connaissons pas cette personne, nous ne connaissons pas l’organisation qu’elle représente, au nom de qui elle s’exprime devant votre conseil », affirme Diop qui dit douter de la représentativité et de la crédibilité de cette personne.

Diop a par ailleurs dénoncé « l’instrumentalisation de la société pour des agendas cachés ».

Dans ses propos, l’invitée de l’ONU a invité les autorités « à assurer une protection plus équitable de toutes les communautés et condamner publiquement toute instrumentalisation ou stigmatisation fondée sur l’appartenance ethnique et renforcer le dialogue avec les communautés affectées ».  Une demande qui a choqué le ministre Diop, le poussant à affirmer qu’à aucun moment, le gouvernement ou son armée ne peut s’engager dans une lutte contre une partie de sa propre population. Il a même profité de l’occasion pour jeter des pierres dans le jardin de ceux qui veulent, à travers leurs propos, opposer les Maliens. « Certains qui ont des agendas cachés, qui ont réussi ailleurs à opposer des communautés, à créer des guerres ethniques, ont tenté au Mali, ça n’a pas marché », dit-il, avant d’ajouter : « L’armée malienne professionnelle, une armée multiethnique va continuer à défendre tous les Maliens, toutes les communautés maliennes pour renforcer notre cohésion nationale ». Pour Diop, le Mali a besoin de l’union en lieu et place des messages de division.

Le Conseil national de la société civile lâche Aminata Cheick Dicko

L’organisation mère de la société civile malienne, le Conseil national de la société civile, ne reconnait pas l’invitée de l’ONU parmi ses membres. Il l’a annoncé dans son communiqué en début de cette semaine. « Aujourd’hui, le Conseil National de la Société Civile du Mali fidèle à sa mission de veille citoyenne est dans l’obligation d’informer l’opinion nationale, internationale et de prendre le peuple malien à témoin que la personne qui a parlé comme membre de la Société Civile du Mali à la réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies n’est associée ni de près ni de loin au Conseil National de la Société Civile du Mali et que ses propos n’engagent que sa personne et son association et non la Société Civile du Mali.. », a écrit Boureima Allaye Touré qui a appelé toutes les organisations de la Société Civile « à un devoir de responsabilité et de retenue face à la situation très fragile de notre pays et que les défis à porter aux autorités de la transition par la Société Civile se règlent au Mali, entre les Maliennes et les Maliens et en toute franchise ».

Mèrèpen Guindo

Source : le Devoir

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