Alors que le mouvement dont ils sont membres, le Cadre d’échanges des partis et des regroupements politique pour le retour à l’ordre constitutionnelle, rejette en bloc l’idée d’une nouvelle constitution, Amadou Koïta et Amadou Aya se sont curieusement retrouvés dans la commission chargée de finaliser ledit avant-projet de constitution. Où est alors la conviction ?
Le Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour le retour à l’ordre constitutionnel a multiplié les démarches pour demander aux autorités de la transition l’abandon du projet de nouvelle constitution. Il soutenait que « le président de transition n’est pas légitime pour convoquer la rédaction d’une nouvelle constitution ».
Mais à la grande surprise des Maliens, deux cadres de ce même regroupement politique, notamment Amadou Koïta, président PS Yelen kura, et Amadou Aya, secrétaire général adjoint du parti Convergence pour le Développement du Mali, se sont retrouvés dans la commission de 69 membres chargée de la finalisation du projet de la nouvelle Constitution.
Une nouvelle qui suscité des rections de partout et qui renforce la position de ceux qui ont tout le temps décrié le manque de conviction chez nos hommes politiques.
Hamidou Doumbia, secrétaire à la Communication de Yelema, un parti qui a mis fin à son compagnonnage avec le Cadre il y a à peine un mois, a déclaré : « La CODEM, qui rejetait toute idée de toucher à la constitution, est représentée par son secrétaire général adjoint. Le Cadre, partisan de la révision a minima, est représenté par Amadou Koïta qui vont désormais travailler pour la rédaction d’une nouvelle constitution », regrette-t-il.
Mais jusqu’au moment où nous mettons sous presse cette information, aucun des deux n’a officiellement décliné cette offre. Pourtant, la Codem, parti de Amadou Aya, s’est désolidarisée de la décision et a même rejeté ladite commission. La plateforme Jigiya Kura, dont le Codem de Aya est un membre, s’est également désolidarisée de la nomination des membres du Cadre au sein de la commission de finalisation de l’avant-projet de constitution. Elle a même suspendu sa participation aux activités du Cadre.
Malgré tout, ces deux responsables politiques du Cadre d’échanges semblent tenir à leurs sièges comme à la prunelle de leurs yeux. Où est donc passé la conviction, le principe ? Certainement qu’ils sont sortis par la fenêtre, lorsque le profit est entré par la porte.
B. Guindo