Édito : Encore et toujours des excuses !

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« Je me suis trompé… ». C’est l’explication donnée, il y a seulement quelques jours, par l’ancien membre influent du M5-RFP et du Conseil national de la transition, auteur du qualificatif « l’imperturbable patriote Assimi Goïta », lorsqu’il a été interrogé sur son attachement et son estime pour le président de la Transition.

Il s’agit d’Issa Kaou Djim, notamment celui qui a été le premier à déclarer la mort du mouvement dont il est issu, le M5-RFP, au profit des militaires, dès le lendemain de la chute du régime IBK. C’est le même Issa Kaou Djim qui défendait avec becs et ongles une possible candidature du Colonel Assimi Goïta.

Aujourd’hui, parce que chassé du CNT dont il était le 4ème vice-président, il tente de se blanchir aux yeux de l’opinion. Sa stratégie : jouer sur le sentiment des Maliens comme l’a fait, à plusieurs reprises, son ancien mentor, l’imam Mahmoud Dicko.

Issa Kaou Djim dit s’être trompé dans sa prise de position en faveur du colonel Goïta. C’est évidemment la seule explication qu’il pouvait donner à ce sujet. Il ne peut nullement dire qu’il soutenait une candidature d’Assimi parce qu’il gagnait sa part de gâteau, parce qu’il bénéficiait de la largesse des colonels au pouvoir. Qu’est ce qui a changé entre temps ? Seulement sa situation. Sinon ne connaissait-il pas que le rôle des militaires était la défense de la nation sur le front, en lieu et place des bureaux climatisés de Koulouba ?

Un responsable, c’est celui qui réfléchit bien, très bien même, avant de prendre position sur un sujet. Et quand on la prend, on doit l’assumer, quelles qu’en puissent être les conséquences. Au lieu d’assumer les conséquences de leurs orientations ou décisions, beaucoup de nos responsables, politiques comme religieux, jouent sur le sentiment des Maliens en disant : « Je me suis trompé de choix ».  C’est le cas d’Issa Kaou Djim, selon lequel, le président de la Transition, en l’espace de quelques mois, est passé d’un « imperturbable patriote » à un « dictateur ».

Il n’est pas seul à présenter ce genre de plates excuses. Commettre une erreur et la reconnaître, c’est bien, mais en user et abuser au point d’insulter l’intelligence des Maliens, ça ne passe pas.

L’imam Mahmoud Dicko a présenté ses excuses dans beaucoup de cas. En effet, Dicko faisait partie de ceux qui ont battu campagne pour le candidat IBK, en 2013. Des millions d’électeurs ont cru en IBK grâce à son implication et celle du chérif de Nioro. Bizarrement, quand ça n’a pas marché, il est sorti pour dire qu’il s’est trompé. Et les Maliens ont pardonné, estimant que le pardon était sincère. Qui ne se souvient de la nomination du Dr Boubou Cissé comme Premier ministre sur proposition du même Dicko ? Là encore, il s’est trompé et a présenté ses excusés. Beaucoup de personnalités, au-delà de ces deux, ont fait la même chose. Et le peuple malien, tolérant, a toujours pardonné.

Mais va-t-on continuer à accorder le pardon à des gens qui prennent librement leur décision en fonctions de leurs seuls intérêts ? Non ! Ce temps doit être révolu. Il est temps que chacun assume sa position. Les Maliens ne doivent pas continuer à pardonner les fautes commises volontairement. Il faut se dire la vérité : quand on continuera de pardonner ces erreurs, les auteurs continueront de les commettre et c’est le Mali qui en sortira perdant. Car, ces erreurs politiques et de choix sont aussi dangereuses que l’insécurité puisque, comme le dit l’adage : « L’erreur est humaine mais y persister devient diabolique ».

Boureima Guindo

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